Dès avant 5h00, Rodrigue et moi étions réveillés. Lui s'est semble-t-il rendormi, pas moi... Nous avions établi un super code la veille : le 1er réveillé frappe à la porte de l'autre : s'il répond tant mieux, sinon, on le laisse dormir. Même si nous étions chacun réveillés, nous n'avons pas voulu tenter de déranger l'autre aussi tôt. Résultat, à 9h, l'un de nous s'est enfin décidé, et Rodrigue a mis le code en pratique. Après un petit tour pour aller chercher de quoi manger, nous nous sommes mis en route !
Phoenix est une agglomération tentaculaire qui n'a pas grand intérêt. Nous sommes du coup allé à l'est, vers le Apache Trail. C'est un ancien chemin utilisé par les ouvriers construisant le Hoover Dam (un barrage). Ce chemin serpente le long des montagnes de la Superstition. Il est goudronné jusqu'au village de Tortilla Flat, puis c'est une piste.
Avant de rentrer dans les détails, il faut raconter autre chose : les autoroutes ! Pour un peu que l'on ait un GPS efficace, c'est très simple, et beaucoup plus tranquille qu'en France (pas ou peu de conducteurs fous). Et ce même sur des 2 fois 6 voies comme on a pu tester aujoud'hui.
Après une cinquantaine de kilomètres d'autoroutes, nous sommes arrivés à Apache Junction, où commence le Apache Trail. Montagnes fleuries de cactus, route où l'on roule à 15 - 20 miles par heure... 7km après le début du Apache Trail, on arrive à la ville fantôme de Goldfield. Si la ville elle-même a réellement existé, les bâtiments ont été entièrement refaits, et la ville fantôme a des airs d'attraction touristique. Comme par exemple, la prostituée qui aguiche les clients à l'étage du bordel local. Le saloon a une infinité de bottes suspendues au plafond. L'église, l prison, les commerces, le chemin de fer et les bâtiments pour l'exploitation des mines, tout y est. Malgré ce côté touristique, la ville dégage un aspect authentique. On se croit facilement au far west du 19ème siècle.
Après Goldfield, la route, dans son parcours le plus sinueux, longe le Canyon Lake. C'est un lac artificiel, un bassin de retenue créé par le Hoover Dam, qui est maintenant une base de loisirs. Nous avons croisé plein de pick-ups remorquant leur bateau.
20km après Goldfield, on arrive à Tortilla Flat, un village de 6 habitants (!) qui était un relais de diligences au début du 20ème siècle. Le tour du village est vite fait : le long de la route, un restaurant et une boutique de souvenirs ; sur les hauteurs, quelques maisons. Nous avons mangé à ce restaurant, qui a la particularité d'avoir une décoration très fournie et très spéciale. Les murs sont entièrement recouverts de billets laissés par les visiteurs, la plupart de 1 dollar mais aussi des billets étrangers. Nous en avons vu des canadiens, britanniques, tchèques et même du Honduras. Mais pas un seul billet en euros. La déco ne s'arrête pas là : corde de pendu au plafond, selles de cheval en guise de tabourets de comptoir, avion et train en canettes de bière, et plus encore. Le menu est un journal, le Tortilla Flat Telegraph, que les clients gardent. Un endroit particulier et une atmosphère unique ! Toutefois, il n'a pas trouvé acquéreur quand il a été mis en vente sur Ebay en 2003 !
Nous n'avons pas été plus loin que Tortilla Flat, la route n'étant ensuite plus goudronnée. Chemin inverse donc, jusqu'à l'hôtel. Nous avons croisé nos premières Highway patrols, sans se faire arrêter. Et moment de panique quand le GPS a menacé de se retrouver à court de batterie. Le chargeur sur l'allume-cigare ne semble pas vouloir fonctionner...
La prise en main de la voiture automatique a aussi causé quelques moments de surprise : arrêt trop brutal en s'arrêtant au bord de la route et choses du même genre - l'habitude d'avoir une pédale d'embrayage... J'ai tendance à appuyer des deux pieds sur le frein...
Retour à l'hôtel donc, où Rodrigue a quelques soucis. D'abord, l'alarme incendie émet régulièrement un bip. La fatigue aidant, ça ne l'a pas géné la nuit dernière, mais pour cette nuit, il va falloir trouver une solution. Et puis il a croisé la route d'un cafard géant et, semble-t-il, volant. Miam. Je ne suis pas impatient de faire la même rencontre.
Encore une nuit dans cet endroit qui clairement ne sera pas le plus agréable du voyage, puis nous mettrons le cap vers Sedona et Williams, le long de la route 66, base de notre excursion au Grand Canyon le 16. La nuit sera en tout cas profitable, car nous sommes encore bien fatigués du voyage et de la nuit courte de la veille.
Les 15Okm que nous aurons fait aujourd'hui auront en tout cas été un bon exercice pour ce qui nous attends ensuite. La voiture est hyper confortable, la route est plaisante, on ne voit pas le temps passer ! Et merci la clim ! Elle est vraiment essentielle. La chaleur à l'extérieur, quand on n'est pas habitué, est à la limite de l'insupportable. Soleil énorme, et aucun nuage ni aucun souffle de vent. La voiture est un vrai refuge.
Pour finir, cadeau bonus qui reviendra souvent maintenant : les photos !
2 commentaires:
Waouh... Alors c'est le depaysement total. Vu d'ici je dirais que c'est un mélange de Lucky Luke et de la petite maison dans la prairie LOL.
En tout cas les paysages sont magnifiques.
Rodrigue, je te soutiens moralement car moi si je croise la route d'un cafard, je ne dors plus et je vais directement dans la voiture avec ma couette. Heureusement tu es un homme, un vrai alors même pas peur.
Séb, toi si tu en croises un, cela ne pourra pas être pire que l'épisode de la souris dans ta chambre quand tu étais à Paris. Evites quand même dans ramener un dans ta valise.
Bonne route pour aujourd'hui.
Bisous
Séverine
PS : (message à mon grand frère) Comme convenu, l'entreprise où j'ai passé mon entretien m'a rappelé ce matin et j'ai un entretien à l'agence de Tours à 11h30. Leger stress qui se traduit par j'ai envie de faire pipi toutes les 5 minutes, mais je dirais que c'est normal. Bon je te raconte le déroulement de celui-ci tout à l'heure. Bizzzzz
Les photos sont vraiment belles et donnent envie d'y aller. Il y a une vague impression d'être perdu au milieu de nulle part.
Et l'avantage des voitures de location c'est qu'on peut rouler dans une berline que l'on ne pourrait même pas se payer !
Bon rétablissement du jet lag au passage...
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