dimanche 31 août 2008

Background (J-13)

Si Rodrigue (qui n'a pas encore rédigé de posts sur ce blog mais qui s'y mettra sûrement une fois que nous serons là-bas) n'a encore jamais été aux USA, pour ma part, ce sera la troisième fois. Il y a plus d'une dizaine d'années, j'étais déjà fasciné par les States, et surtout par New-York.

J'avais affiché une carte routière (que j'ai toujours) et un drapeau américain (que j'ai ensuite refilé à Rodrigue) sur les murs de ma chambre. Mais c'était surtout New-York qui m'attirait. Je lisais tout ce que je pouvais trouver : guides de voyage, articles... Nous n'avions pas encore internet en 1996... Je pouvais situer la plupart des quartiers, je regardais encore et encore la carte de Manhattan... Puis j'ai eu la chance de pouvoir partir deux fois là-bas, en séjour linguistique : deux fois trois semaines en immersion totale dans une famille américaine.

La première fois, c'était en août 1997. J'étais chez une famille dans un trou paumé du Massaschussetts. Le père était camionneur, il n'avait plus ses dents de devant. C'était impossible de comprendre ce qu'il racontait. La mère était garde d'enfants à son domicile. Chaque jour, elle gardait plusieurs gamins entre 2 et 5 ans qui étaient de vrais monstres. Je ne me souviens plus trop de ce que j'ai fait au jour le jour. La maison était assez éloignée de ce qui faisait office de bourg. J'ai appris à jouer au horseshoe (en schématisant, c'est de la pétanque avec des fers à cheval et un piquet à la place du cochonnet), mangé des clambakes, profité de leur piscine, et regardé pas mal de cassettes vidéos. J'ai aussi assisté à un mariage organisé chez eux, été jouer au bowling dans la grande ville d'à côté (Worcester, qui se prononce Wooosteur), et trouvé pour mon plus grand bonheur Today des Smashing Pumpkins en single. Puis des excursions dans le Rhode Island et à Boston. Avide de culture US, j'étais aussi ravi de pouvoir leur faire découvrir la France, et surtout Noir Désir, dont l'album 666 667 Clubs était sorti récemment. Il tournait en boucle sur mon Walkman. La veille du départ, on a appris l'accident fatal de Lady Di. La mère était en pleurs. Je ne me souviens plus de grand chose concernant ce voyage en fait, à part que j'en garde une très bonne impression.

Dès l'été suivant, en août 1998, je suis retourné à nouveau en séjour linguistique. Et cette fois, j'allais pouvoir voir ce dont je rêvais : New-York. J'étais à nouveau dans une famille, à Binghamton, dans l'état de New-York. La famille elle-même était composée d'une mère et de sa fille. J'étais aussi avec un autre Français. En fait, en arrivant, il n'y avait pas suffisamment de familles d'accueil pour tout le monde. Cette famille avait accepté de prendre deux personnes. Tout au long du séjour, les organisateurs disaient qu'il serait possible que je change de famille, le but étant d'être vraiment seul dans un environnement anglophone. Ca ne s'est pas fait, et tant mieux, car j'ai vraiment adoré être avec cette famille. La mère travaillait dans un institut d'anthropologie dirigé par son père. Elle faisait tout pour que nous nous sentions chez nous. Pour nous faire plaisir, elle nous avait acheté du brie... au citron ! Pour rejoindre le centre-ville, il fallait remonter une route qui nous faisait passer devant tous les classiques de la gastronomie américaine : Mc Do, Wendy's, Dunkin' Donuts, Taco Bell... C'est là que j'ai appris à jouer au poker, que j'ai découvert Jerry Springer et Cops. Je suis allé voir X-Files au cinéma... Là encore, finalement, assez peu d'excursions : une à Albany, la capitale de l'état, et surtout, celle que j'attendais, New-York.

Evidemment, une seule journée à New-York, c'est ridicule par rapport à tout ce qu'il y a à voir. Autant que je me souvienne, nous avons fait : l'Empire State Building, Central Park, Harlem, un tour en bateau autour de Manhattan (j'ai toujours les photos du World Trade Center dominant le skyline de NY) et le Hard Rock Café. Et pourtant, cette seule journée a suffit à étancher ma soif de découvrir la ville. De tout ça également, je garde finalement assez peu de souvenirs précis. Tout ce que je peux dire avec certitude, c'est que les Américains sont tout simplement hyper chaleureux et sympathiques. A l'égard des Français, ils sont exactement comme nous à leur égard : peut-être un peu suspicieux et critiques, mais au fond, ils nous aiment bien et sont avides de connaître notre culture.

Cela dit, dix ans après, pourquoi retourner aux USA alors qu'il y a tant d'autres endroits à découvrir en France et sur le globe ? Ma fascination pour New-York n'est plus aussi intense et il y a un an, je ne brûlais pas d'envie de retourner aux States.

Il a finalement suffit de peu de choses pour que le désir revienne : l'enrichissement de mes découvertes musicales en blues, rock'n'roll, jazz et country ; une série de dvds sur le thème du road trip lancée par le journal Libération, et le livre de Kerouac, Sur La Route, que l'on m'a prêté (merci Julien !) et qui a fini de faire germer la plante. Entre parenthèses, je n'ai jamais fini le livre, car à la longue, il est tout de même assez répétitif. Mais le mal était fait. L'envie de s'évader dans les grandes étendues américaines, de dépaysement, surtout après six ans sans "vraies" vacances.

En un coup de téléphone à mon camarade de voyage, le principe de partir aux USA était acquis. Après des années de vélléités de partir au Japon, les Etats-Unis paraissaient beaucoup plus réalistes (moins cher, pas de barrière de langue...). L'idée au départ était de traverser le pays d'est en ouest. Mais vu la durée des vacances que l'on pouvait avoir et le coût d'un tel trajet, c'était irréalisable. Il a donc fallu restreindre le parcours.

Rodrigue n'avait qu'une seule véritable exigence quant au parcours : aller à San Francisco. Ne connaissant pas le pays, tout sera découverte pour lui. Pour ma part, depuis quelque temps, si j'ai quelque peu oublié New-York, c'est Los Angeles qui me fascine désormais.

Si je me lance dans une tentative d'explication de cette fascination, ce post sera trois fois plus long qu'il ne l'ai déjà. Déjà ce n'est pas Hollywood et sa brochette de stars qui m'intéresse. Nous ne visiterons pas Universal Studios (nous sommes tous les deux d'accord sur ce point), et personnellement, errer sur Hollywood Boulevard à la recherche des noms de gens connus présente à mes yeux un intéret plus que limité.

Ce qui me fascine, c'est vraiment l'atmosphère que dégage cette ville. Celle des romans d'Ellroy (merci Julien !)... J'ai aussi dû trop regarder Pulp Fiction et trop joué à GTA San Andreas... C'est bizarre cette impression de connaître la ville sans y avoir jamais mis les pieds. Les noms sont familiers, les paysages aussi... Je suis un grand fan de séries américaines, beaucoup se déroulent
à Los Angeles... A ce propos, c'est une ville dangereuse... En six saisons de 24, déjà six tentatives d'attentats divers et variés ont été déjoués par Jack Bauer. Espérons qu'il n'est pas en vacances en septembre, au cas où... Que dire également de Weeds, The Shield, Alias, Arrested Development, Six Feet Under et plus récemment de l'agréable série Chuck. Avant de partir, je me mets à Californication. Les filles citeront Alerte à Malibu, Beverly Hills, Melrose Place et Newport Beach...

On dit que Los Angeles, on adore ou on déteste. Que ce n'est une agglomération tentaculaire où il n' y a rien à voir pour les touristes. Etant donné que ce qui m'intrigue dans Los Angeles, c'est l'atmosphère de la ville et non pas de faire une enfilade de musées et de monuments, je ne pense pas être déçu. Une simple balade en voiture dans les différents quartiers de la ville suffira probablement à me satisfaire.

Bien sûr, la première partie du voyage sera excitante. Le Grand Canyon, la Vallée de la Mort ou Las Vegas ne sont pas des endroits anodins. Mais je peux vous garantir que le 20 septembre, quand la destination sera Los Angeles, l'excitation grandira de plus en plus à chaque kilomètre parcouru.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci de me citer comme source, ça me touche snifff...
J'ai quelques nouvelles lectures pour toi mais il est peut etre deja trop tard?? En plus c'est notre camarade germano/espagnol qui a le livre...En tout les cas je lis avec plaisir votre (heu plutot "ton") blog, vivement le depart et les anecdotes amusantes (haaa la premiere nuit avec R., ses ronflements!!! ;)

Seb a dit…

Ah mais non il est jamais trop tard ! Même si là en fait je me suis remis à Sur La Route... En 14h d'avion, je vais peut-être réussir à le finir... C'est surtout Big Sur qu'il faudrait que je lise. Avec un peu de chance, je vais le retrouver avant de partir !

Quant aux ronflements... On verra bien... Même si tu connais le sujet. Les 1ères nuits c'est chacun une chambre pour pouvoir se reposer. Ensuite ça alterne : un coup chambre partagée, ensuite chambres séparées, etc... Comme ça on rogne sur le budget hôtel. Mais si c'est vraiment insupportable, il sera toujours possible de procéder autrement (il ira dormir dans la voiture, mais chuuuut il le sait pas encore) !

Anonyme a dit…

Voila ça arrive, tu vois que le temps passe vite... incroyable, au début du mois d'août tu en étais à JJ-41, là ça approche doucement mais surement... vous tenez le bon bout...
Vive les vacances, hein c'est vrai !!

Anonyme a dit…

Je ne saurais trop te conseiller d'investir dans des boules Quiès. Des bonnes. Et beaucoup.